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L'Orient le Jour

21 Juillet 2007

Des associations écologiques portent plainte dans l'affaire des déchets du Normandy

Par Suzanne Baaklini

Pour la première fois dans l'histoire de la société civile au Liban, sept associations écologiques ont décidé de porter plainte (en leur nom) dans l'affaire des déchets du dépotoir du Normandy, demandant de plus amples clarifications et une enquête plus approfondie sur cette affaire quasiment opaque. Rappelons que le dépotoir du Normandy (centre-ville de Beyrouth) était opérationnel durant la guerre civile et qu il est fermé depuis plusieurs années. Il a été réhabilité par la compagnie Solidere dans le cadre du plan de reconstruction du centre-ville. Mais il y a quelques mois, ce que la compagnie a qualifié de «résidus des opérations de tri» a finalement été transporté dans une carrière désaffectée de Sibline, aménagée en tant que décharge.

Or, les associations écologiques n'ont pas été convaincues du dossier présenté en vue de transformer cette carrière de manière à accueillir plus d'une centaine de tonnes de déchets. C'est ainsi que Green Line, Byblos Ecologia, Terre, Rassemblement libanais pour l environnement, Amwaj al-biaa, le Comité des urgences à l'Iqlim el-Kharroub et Carré vert ont porté plainte auprès de l'avocat général pour les affaires de l'environnement au Mont-Liban, le juge Ghassan Oueidate, et qu'elles ont présenté un recours devant le Conseil d'état, accepté en date du 7 juin 2007.
Interrogée sur la teneur de ce recours, Fifi Kallab, présidente de Byblos Ecologia, affirme que les soupçons des écologistes concernent les tests effectués sur les déchets du Normandy, qui les avaient qualifiés de «sans danger». «Or, nous pensons que ces tests ne sont pas fiables, surtout que des examens effectués à l'AUB ont prouvé la présence de métaux lourds en grandes quantités dans ces restes, dit-elle. L'étude d'impact environnemental a été effectuée en très peu de temps, à peine deux semaines, et elle n'a proposé aucune alternative au site de Sibline, comme ce devait être le cas. La population des alentours n'a pas été consultée. Les plans de l'exécution n'ont même pas été remis aux autorités locales. Dans l'exécution, on n'a pas placé une couche d'argile sous les déchets, la seule matière pouvant supporter le poids de toutes ces tonnes de déchets, et protéger le sol et les nappes phréatiques. Enfin, tous ceux qui se rendent au site peuvent aisément constater que l'inclinaison du tas de résidus est bien trop forte.»
Qu'espèrent les écologistes de ce procès ? «Il serait fictif de croire que les déchets puissent être de nouveau transférés ailleurs, mais au moins, nous aimerions que la compagnie assume la responsabilité des conséquences de cette nouvelle décharge à Sibline», répond Mme Kallab.